Carmen la Luciole sur le terrain

Chez La Balade des Lucioles, on dénombre pas moins de 200 bénévoles aux personnalités et aux parcours bien différents. Aujourd’hui on vous fait rencontrer Carmen, petit bout de femme exceptionnelle.

Carmen œuvre au sein de l’association depuis octobre 2021. C’est elle qui mène la danse, le mardi, ou devrait-on dire le Ballet (qui a la réf ?) sur le parcours Olympiades qui relie le secteur National à la porte d’Italie. Carmen c’est tout un poème ! Elle est de ces personnes qui fédèrent avec toute l’humilité et l’humanité qui la caractérisent. Elle s’est prêtée au jeu de l’interview afin de nous en dévoiler un peu plus sur son rôle au sein de l’association.

Sa particularité réside dans le fait qu’elle prépare chaque mardi une soupe de légumes maison en plus des sandwichs confectionnés à l’aide des invendus de boulangeries et d’épiceries.

Il suffit de suivre une maraude avec Carmen pour comprendre à quel point elle a su créer, en toute simplicité, un contact humain, un véritable lien avec les bénéficiaires du parcours.

 

Merci pour votre visionnage. Si vous avez envie de participer à nos maraudes ou d’en savoir plus, c’est par là !

 

Transcription complète de l’interview de Carmen

 

 

Cécilia – Bonjour Carmen. Peux-tu nous dire ce que représente pour toi La Balade des Lucioles ?

Carmen – La Balade des Lucioles c’est une association qui vient en aide aux sans abri, leur apporter des vêtements, de la nourriture et surtout un peu de chaleur humaine.

On a vécu une période un peu compliquée avec le Covid, les restrictions sanitaires. J’avais besoin de trouver un sens, comme un nouveau souffle. Et sur un site de sorties qui s’appelle OVS ça faisait très longtemps que je voyais “balade sympa, maraudes dans Paris”. Je me suis inscrite une première fois, s’en est suivi une deuxième, puis une troisième maraude, une quatrième, une cinquième… Et puis deux ans et demi plus tard, ben il est pas question d’arrêter ça.

 

Cécilia – Quelle est ta place, ton rôle au sein de l’association ?

Carmen – Je suis responsable de l’équipe du mardi. Je dois veiller à la bonne préparation de la maraude. En amont il y a la récupération des invendus de nos différents partenaires. Ça va de la boulangerie au magasin bio. Chacun arrive avec ce qu’il a récolter puis on commence la préparation. Il va y avoir aussi des vêtements qui nous sont apportés par les bénévoles. Ceux qui sont prévus que pour la maraude viennent aux alentour de 20h. De manière générale tout le monde sait ce qu’il a à faire. C’est un travail d’équipe. On est plusieurs à être parfaitement au fait de ce qu’il y a à effectuer. Voilà après il y a plus qu’a.

 

Cécilia – Quelles sont les spécificités de ton parcours ?

Carmen – Le parcours Olympiades démarre de la rue Richet. On va déjà aller jusqu’au métro Olympiades, et à partir de là on va aller sous la dalle. C’est un endroit un peu particulier, je dirais pas interlope mais bon c’est un peu curieux. Ce sont deux rues souterraines parisiennes qui se trouvent sous les grands immeubles. On ressort, puis on prend la rue Tolbiac, et de là on gagne l’avenue d’Italie, jusqu’à la Place d’Italie. On redescend de l’autre côté et on va jusqu’à la porte d’Italie.

Ce parcours est différent des deux autres (Denfert et Gare de Lyon) car il se caractérise par la mobilité des bénéficiaires que l’on rencontre. Et ce parcours va nous prendre à peu près 1h30 environ, j’ai pas trop calculé le temps. On marche pas mal. Ça fait un joli parcours de marche parce qu’on va de bénéficiaire en bénéficiaire, ben forcement on va à leur rencontre et quelque fois c’est eux qui viennent à la notre.

 

Cécilia – Y a-t-il des bénéficiaires récurrents que tu arrives à suivre ?

Carmen – C’est vrai que sous la dalle il y a un homme d’une gentille incroyable. Trois quart du temps il dort. Alors on dit “c’est la maraude”, on essaie de pas trop le réveiller. Et puis il suffit de dire “on a de la soupe !”. Et là il a un sourire qui… on a l’impression qu’il est un peu tombé de la lune. Mais il nous touche, juste par le sourire qu’il nous donne, par l’échange presque non verbal qu’on a avec lui. On s’attarde un petit peu, on lui donne ce dont il a envie sur le moment et puis on reprend notre route.

Après on a aussi Vassili. C’est un colosse des pays de l’Est. C’est vrai qu’il a la réputation de broyer les mais des bénévoles. Mais c’est sincère. C’est à dire que tu donnes la main, il a pas volonté de faire mal. C’est une poignée de main qui est franche, qui est chaleureuse. On se revoit presque avec grand plaisir, même si on préférerait savoir qu’ils sont à l’abri de manière définitive, évidemment.

 

Cécilia – Peux-tu nous raconter l’anecdote du manteau pour la petite chienne ?

Carmen – Ça a été un peu touchant pour tout le monde, ce monsieur d’origine roumaine, avec sa maman donc, pas toute jeune. Ils sont basés sur la place d’Italie, un peu en retrait, et ils ont cette petite chienne qu’ils aiment par dessus tout. Et ils nous ont demandé un manteau pour chien, ce qu’on a quand-même pas de base nous parce qu’on s’occupe pas des animaux. Et puis lors d’une manifestation au moment de Noel, à la Mairie du 12ème, une autre association était là qui s’appelle Gamelles Pleines. Une belle asso qui s’occupe des chiens des personnes à la rue. Et je me suis dit ben je vais voir. Je les contacte et puis Bingo !

J’ai eu un retour positif avec un jeune homme qui a bien compris mon besoin. Dix jours plus tard on a apporté le manteau pour la petite toutoune et là ça a été des effusions, de larmes de joie… Il m’a dit qu’il allait m’offrir des fleurs

C’était un grand moment parce que finalement on réalise qu’ils sont très attachés à leurs animaux. C’est un ancrage et puis c’est vraiment ce qui les fait rester sur les chemins de l’humanité cette petite chienne. Elle est tout pour eux et inversement. Il nous a expliqué qu’il préfère être dehors plutôt que de s’en séparer donc on se devait de s’occuper d’elle, comme d’eux.

 

Cécilia – De façon personnelle, qu’est-ce que t’apporte cet investissement au sein de l’association ?

Carmen – Déjà ça a apporté un vrai sens. Non pas que j’ai envie de jouer les Zoro, parce que je pense que c’est plutôt eux qui m’ont apporté. Des fois il y en a qui veulent rien, juste parler. Et a écouter leurs paroles, en fait ils remplissent notre cœur plus qu’on empli le leur. Et ils se rendent pas compte je suis sur. Il me disent “ah mais vous partez”, et je dis “non mais vous vous rendez pas compte de ce que vous avez à offrir.”

C’est énorme. C’est juste que j’ai envie que les gens fassent l’expérience de ça. Et je le dis vraiment sans fioritures, sans rien. C’est ce qui fait que j’ai pas du tout envie d’arrêter. C’est même pas envisageable. Il faudrait vraiment pour que j’arrête que ce soit sérieux.

 

Cécilia – As-tu un message à faire passer à ton équipe du mardi ?

Carmen – Ce que j’aimerais dire à mon équipe du mardi ben c’est merci d’être fidèle à ce parcours. Merci de me faire confiance. Parce que s’ils me suivent c’est qu’ils me font confiance. Moi aussi je leur fais confiance à cent pour cent. On est rien tout seul quelque part. C’est ce que me montre un peu l’association. C’est que tout seul on est rien, c’est la force du nombre. C’est la confiance qu’on peut avoir les uns en les autres, les uns avec les autres. Et puis ben tous ensemble oui on fait de belles choses. Donc merci.

 

Le 15 novembre dernier, notre présidente accompagnée d’une bénévole a participé à une cérémonie organisée par la fondation BNP Paribas. Cet événement a clôturé la 18ème édition de leur appel à projet “Projet Banlieues” en soutien aux associations locales engagées dans la lutte contre l’exclusion.

Cette année encore, les Lucioles ont fait leur possible pour apporter un peu de lumière à ceux qui sont dans l’ombre. Nous avons ainsi réussi à convaincre le comité de la fondation de la qualité de notre engagement, ce qui nous a valu une belle surprise suite à l’invitation à la remise de prix.

La demande de subvention

La Présidente avec Carmen la super Luciole

Un dossier fut constitué auprès de la fondation BNP Paribas pour concourir et tenter d’obtenir une subvention de leur part. Six mois plus tard, nous avons assisté à la cérémonie de remise où nous avons eu l’heureuse joie de découvrir que La Balade des Lucioles avait été choisie comme “Coup de cœur ” au niveau national parmi 3 associations lauréates, arrivant ainsi au premier rang !  La fondation nous suivra ainsi durant les 3 prochaines années grâce à une aide de 3 000 € par an pour aider les sans-abri de Paris, dont le taux ne cesse d’augmenter.

L’accompagnement de la fondation BNP Paribas est pour nous une grande aide, permettant ainsi de soutenir près de 2500 bénéficiaires… et peut-être plus encore grâce à la recherche et le financement
d’un nouveau local.

Un grand merci à l’ensemble de nos partenaires et à toutes les Lucioles, toujours plus nombreuses dans leur investissement. Ce sont elles qui nous permettent d’atteindre ces objectifs. Ensemble, nous brillons plus fort.

 

Laurie

 

Marché de Noël solidaire 2023 - La Balade des Lucioles

C’est le dimanche 10 décembre qu’a eu lieu le Marché de Noël solidaire organisé par l’Association «Moi & Mes Enfants» : tiers lieu du 13ème arrondissement consacré aux familles monoparentales qui propose ateliers, garderie, co-working et autres instants d’aide et de convivialité.

La Balade des Lucioles s’est jointe pour la toute première fois à la partie dans un esprit de contribution et de partage. En amont, une collecte de jouets et vêtements avait été organisée. L’abondance des dons a pu témoigner de la générosité ambiante. Malgré une météo qui s’annonçait maussade et le temps imparti pour écouler tout le stock, la vente d’habits et d’objets d’occasion fut un succès grâce au passage de nombreuses personnes sous le pont du boulevard Vincent Auriol. Cette vente solidaire vient donc confirmer l’étude de l’Ifop selon laquelle les Français sont prêts à offrir plus de cadeaux de Noël de seconde main depuis quelques années.

L’Association «La Balade des Lucioles» proposait aussi un atelier confection de sapin de Noël en pommes de pin ainsi qu’un atelier maquillage qui n’a pas désempli. Petits rennes et princesses grimés ont pu rejoindre le Père-Noël pour la traditionnelle photographie. Les participants au marché de Noël solidaire pouvaient se délecter de boissons chaudes et autres douceurs en réconfort aux fraîches gouttes de pluie annoncées.

L’ensemble des organisateurs, ainsi que les parents et enfants ont grandement apprécié cette journée participative et solidaire où la joie des préparatifs de Noël et la bonne humeur furent au rendez-vous !

 

Cécilia

Nous l’avons régulièrement évoqué dans notre actualité …Cora fait partie de nos partenaires principaux. Nombreuses de nos collectes alimentaires ont eu lieu à l’entrée d’un distributeur des supermarchés Cora. Mention spéciale pour le Cora de Arcueil (94) qui a toujours été présent pour nous soutenir. 

C’est eux même qui nous ont suggérés récemment pour l’opération microdons.

De quoi s’agit-il? 

C’est très simple. Au moment de payer le montant de vos courses à la caisse d’un magasin, vous est-il déjà arrivé que sur le terminal de carte bleu, on vous propose d’arrondir le total au profit d’une association? Je suis sûre que oui ! 

Eh bien, du 7 au 31 mars 20232, quand vous êtes allés faire vos courses au Cora de Arcueil (94), vos petits centimes supplémentaires sont directement reversés à notre association La balade des lucioles. 

Chez nous, vous avez la garantie que le moindre centime est utilisé à 100% dans nos actions pour la mise en place et la conduction de maraudes. On parle ici, d’achat de denrées alimentaires pour compléter nos sandwiches et éventuellement des produits de première nécessité de type chaussettes, brosses à dents ou shampoing…et c’est tout. Le tout est distribué chaque semaine dans les arrondissements du 9ème, 13ème et 15ème arrondissement de Paris auprès de personnes dans le besoin. C’est du concret!

C’est une véritable bénédiction pour nous et nous en sommes très reconnaissants. 

L’opération a duré trois semaines et  la somme de 1669.25€ a été récoltée.

 

Un grand merci à Cora et ses clients. 

 

Permettez-nous de mettre en lumière les implications des entreprises  au profit d’œuvres caritatives. 

 

Ce n’est pas nouveau mais c’est une tendance qui se développe de plus en plus et nous ne pouvons que constater les bénéfices de telles initiatives. 

 

Il y a plusieurs manières pour les entreprises de s’impliquer dans la vie associative et notamment humanitaire. 

 

Depuis quelques temps, nous observons la création de plateformes solidaires (Bénénova, Beneviti, day one, one heart….) de mise en relation entre les entreprises et les associations. Les entreprises offrent la possibilité à leurs employés de réaliser des heures de contribution sur leur temps de travail.

Il peut s’agir par exemple d’une participation à une maraude, un atelier de création ou un atelier culinaire.

 

En parlant de cuisine, il y a même des sociétés dédiées organisant des ateliers de groupes professionnels. 

Citons par exemple La tablée des Chefs et Chefsquare qui proposent des ateliers de cuisine encadrés par de vrais chefs (dont certains sont étoilés !). Les plats réalisés sont donnés à des associations humanitaires (nous !) qui les distribuent lors des maraudes.

Mention spéciale pour l’association Linkee qui facilite la logistique des dons d’un lieu à un autre dans Paris.

Crédit photo : Entreprise Yves saint Laurent

Les bénéfices sont nombreux… 

  • Les associations “récupèrent de l’aide” sur le terrain ainsi que des dons, issus d’ateliers en groupe. C’est aussi le moyen de recruter de futurs bénévoles.
  • Les entreprises font une bonne action et fédèrent également leurs équipes qui se retrouvent dans un cadre extra professionnel et créent des liens sociaux. 

 

Rien que depuis le début de l’année, les entreprises, facilitées par des initiatives telles que La tablée des chefs, les ateliers Bénénova, Chef Square, etc. .sont venues prêter main forte à notre association :

 

  • Le 27 janvier dernier, 18 employés de la société de Management Solutions sont venus aider nos habitués du secteur Cadet. À l’occasion de leur participation, les employés ont apporté des produits d’hygiène, du café et du thé.

 

  • La semaine du 6 mars dernier, plus de 400 plats chauds (poulet frites s’il vous plaît !) réalisés par les employés de la société pharmaceutique Baxter, ont pu être distribués grâce aux organisations Chefs square, Cook-e, et Homeless plus.

 

  • Les employés de la société Mercer, ont réalisé 200 kits d’hygiènes grâce à la plateforme solidaire Bénénova que nous avons ensuite redistribué dans nos trois secteurs.

 

  • Les employés de la société Amaris participent généreusement à la maraude de Beaugrenelle de manière assez régulière. Ils se sont joints à quatre maraudes depuis le début de l’année et ça continue !

 

  • A deux reprises cette année, la Tablée des chefs a choisi la Balade des lucioles pour faire des plats cuisinés par des employés d’entreprises. Plus de 200 plats ont ainsi pu être distribués.

Les employés de la société amaris préparent les sandwiches

avant de participer à la maraude de Beaugrenelle.

Le printemps est arrivé. Il fait de plus en plus beau et de plus en plus chaud. Nous quittons donc les températures les plus dures de l’année, notamment pour les nuits des sans-abris.

Cette année encore, les Lucioles ont pu se rendre compte à quel point l’hiver est une saison particulière en tant qu’association qui maraude. Bien que nous n’ayons pas connu de grosses tombées de neige en Ile-de-France, des chutes de températures assez importantes se sont faites ressentir. Nous sommes passés soudainement de températures plus douces que les saisons précédentes (début du mois de janvier), à des -5 degrés à partir du milieu du mois.

Quel timing ! Des couvertures tombées du ciel…

Maraude couvertures nuit - La Balade des Lucioles

Maraude couvertures nuit – La Balade des Lucioles

La Balade de Lucioles a exceptionnellement pu compter sur des dons de couvertures et de couettes à grande échelle. Une équipe de bénévoles a récupéré par l’intermédiaire de l’association Gamelles Pleines plusieurs centaines de couvertures provenant des hôpitaux de Paris.

Cela a donné lieu d’une part à une réorganisation de nos maraudes. Tout le monde a du mettre la main à la pâte pour que la distribution se fasse le plus vite possible. Quand certains bénévoles portaient des gros sacs, d’autres utilisaient des chariots. Il faut saluer la bonne humeur et la volonté des Lucioles présentes car il faut l’avouer, on aurait parfois aimé avoir plus de bras sur les parcours.

D’autre part, des maraudes différentes se sont organisées spécialement pour délivrer les couvertures. Les distributions ont pu s’effectuer par exemple hors des jours et horaires habituels. Certaines maraudes ont pu se faire plus facilement en camion ou en voiture. Cela a permit notamment de servir efficacement des groupes de 30 personnes ou encore d’étendre notre zone de recherche de bénéficiaires.

Des nouveaux bénéficiaires et des rencontres associatives

A cette occasion, en distribuant des couvertures hors de nos sentiers battus, nous avons pu rencontrer d’autres associations. Cette alliance de circonstance s’est rapidement transformée en une belle maraude complète, où chaque entité apportait ce dont les autres ne disposaient pas. Et nous les Lucioles, nous pouvions être fiers d’apporter ces couvertures à de nouveaux sans-abri.

Maraude inter associations couvertures jour - La Balade des Lucioles

Maraude inter associations couvertures jour – La Balade des Lucioles

Au total, nous aurons distribué pas moins de 300 couvertures en moins d’un mois durant nos maraudes à Paris. Ce n’est pas forcément le but de faire de gros chiffres (pour une petite structure comme la nôtre), mais ça a été une fierté de faire le lien entre des biens non gaspillés et les réels besoins des plus démunis.

Un grand bravo aux bénévoles et aux partenaires réguliers comme ponctuels.

Sans-abri dans le 13e arrondissement

Le 26 janvier 2023 s’est tenu la désormais célèbre Nuit de la Solidarité à Paris. Un événement qui permet de recenser les personnes sans abri et de mieux connaître leur situation afin d’améliorer les systèmes d’aide et de prise en charge.

Pour cette 6ème édition, pas moins de 2000 personnes ont participé à l’opération, parmi lesquels des bénévoles, des professionnels de l’action sociale ou encore des membres d’associations.

La Nuit de la Solidarité, des chiffres en hausse

Verdict, 3 015 personnes sans solution d’hébergement ont été dénombrées sur le territoire parisien ce soir là. Soit une augmentation d’environ 16% par rapport aux chiffres de la Nuit de la Solidarité de janvier 2022 (2 598 personnes).

Bien que la hausse soit réelle, ces photographies prisent à un instant T sont donc à relativiser car peu précisent sur l’année. Les mouvements de population d’un arrondissement à l’autre, d’un département à l’autre sont par exemple constants. D’autres éléments tel que l’immigration modifient quelque peu les données de la région parisienne dans son ensemble. Chez La Balade des Lucioles, nous connaissions certains bénéficiaires réguliers qui attendaient les beaux jours pour partir en Bretagne ou faire des vendanges dans le sud-ouest de la France.

L’élargissement progressif du sillonnage aux zones limitrophes à la ville de Paris devrait en outre améliorer encore l’analyse de la population.

Mais surtout, le fait de réitérer plusieurs fois l’opération dans l’année pourrait corriger le manque de précision lié à la problématique de saisonnalité des sans-abri. Ainsi, cet été 2023, une 2ème Nuit de la Solidarité aura pour la première fois lieu pour pallier cet élément.

Si vous souhaitez d’ailleurs y participer il faudra créer un compte sur le site Paris.fr lorsque les inscriptions seront ouvertes.

L’élargissement progressif du sillonnage aux zones limitrophes à la ville de Paris devrait en outre améliorer encore l’analyse de la population. N’hésitez plus  si vous êtes en banlieue !Carte 2023 des sans-abri répertoriés par arrondissement - nuit de la solidarité

Les chiffres au regard de La Balade des Lucioles

Si vous connaissez déjà notre association, vous savez sûrement que les points de départs de nos maraudes se font dans 3 secteurs différents, à savoir le 9ème, le 13ème et le 15ème arrondissement de Paris. Mais nos parcours nous amènent parfois à rejoindre certains arrondissements comme le 12ème (l’une de nos fins de parcours est à Gare de Lyon).

Nombres de sans-abri répertoriés par arrondissement.

 

9ème arrondissement de Paris

  • 93 personnes (2023)
  • 91 personnes (2022)
  • 74 personnes (2021)

 

13ème arrondissement de Paris

  • 229 personnes (2023)
  • 162 personnes (2022)
  • 204 personnes (2021)

Réaction: Concernant nos maraudes du 13ème, nous avons ressenti une hausse du nombre de bénéficiaires. Nous sommes notamment passés d’environ 120 repas distribués en moyenne à 150. En plus d’une légère hausse cyclique constatée dans l’arrondissement, nous devons additionner les personnes du secteur de la gare de Lyon (12e arrondissement) que nous sillonnons aussi.

 

15ème arrondissement de Paris

  • 133 personnes (2023)
  • 122 personnes (2022)
  • 139 personnes (2021)

Réaction : Hormis à la gare de Montparnasse que nous desservons (14e), il est vrai que les bénéficiaires de nos parcours bougent peu. Certains sont là depuis plusieurs années.  Pour autant, au vu de l’étendu de l’arrondissement, nous n’avons pas pu rencontrer toutes ces personnes.

 

Derniers chiffres pour la route

Près d’un quart des personnes ont été recensées non pas dans la rue mais dans des secteurs spécifiques. Chez La Balade des Lucioles nous n’accédons généralement pas à ces lieux durant nos maraudes. Ces chiffres sont d’autant plus intéressants qu’ils complètent notre connaissance terrain :

  • 269 personnes sur les talus du périphérique, dans des campements et dans des parcs et jardins (+30 % comparé à 2022)
  • 202 personnes dans les bois de Boulogne et Vincennes (+20 %)
  • 195 personnes dans les stations de métro et de RER de la RATP (+18 %)
  • 128 personnes dans les gares de la SNCF (+18 %)
  • 44 personnes dans des parkings (+57 %)
  • 47 personnes dans des espaces du bailleur Paris Habitat et dans les salles d’attente de l’APHP (+42 %)

 

 

C’est grâce à Benenova, qu’Henri, 20 ans, a rejoint la Balade des Lucioles. Étudiant en philosophie, surveillant dans une école primaire, il trouve encore le temps de venir au moins tous les vendredis marauder.

 

Henri, leader humaniste et philosophe

 

 

Son choix d’aider les sans-abris, n’était pas un hasard. Tout jeune déjà, il préférait être dehors au lieu de rester chez lui, et a appris à connaître le monde de la rue, ses rencontres uniques mais aussi ses dangers. Bravant sa sensibilité, il a découvert les inégalités sociales, constaté l’augmentation du nombre de sans-abris et surtout aidé comme il le pouvait.

Il sait que l’indifférence finit toujours par “tuer “, lit beaucoup de livres sur la condition humaine et c’est avec enthousiasme, régularité et de réelles convictions qu’il est très vite devenu un pilier de l’équipe du 15ème arrondissement.

Au-delà des maraudes, il passe également beaucoup de temps avec les bénéficiaires le week-end, intervient aux réunions inter-maraudes organisées par la mairie et participe aux autres actions organisées par l’association. Grâce à son expérience et son sens du dialogue, il accompagne les nouveaux bénévoles avec passion.

Aujourd’hui un peu plus encadré par l’association, Henri n’a aucun doute sur l’utilité de son engagement mais il souhaiterait faire encore plus et réfléchit d’ailleurs, une fois son cursus terminé, à s’orienter dans l’univers du social et de la solidarité.

Nous avons beaucoup de chance que nos routes se soient croisées, enrichissant ainsi une équipe très
impliquée et soudée.

 

Une collecte solidaire de produits d’hygiène pour aider les sans-abri a été organisée au sein du collège
Henri Wallon de Vigneux-sur-Seine (91) du 24 janvier au 18 février 2022 en partenariat avec La balade
des lucioles.

Trois classes (6C, 5F, 4G) et leurs professeurs principaux, sont à l’initiative de cet élan
solidaire (passage dans les salles pour expliquer le projet, affichage dans l’établissement et sur Internet…).

L’ensemble de la communauté éducative a contribué au succès de cette opération qui a permis de
recueillir sept cabas de produits d’hygiène distribués ensuite lors des maraudes sur le secteur de Cadet.
La collecte récoltée :

 

 

– 45 dentifrices et 66 brosses à dents
– 13 gels hydroalcooliques et 21 sachets de masques
– 15 boîtes de cotons / cotons tiges
– 110 shampoings ou gels douche et 24 savons
– 15 déodorants
– 20 paquets de protections hygiéniques
– 91 paquets de mouchoirs + 1 boîte
– 4 crèmes, 2 coffrets, 1 parfum

 

Merci à vous tous pour cette démarche altruiste et citoyenne.

Nous vous avons déjà parlé de Môm’Tolbiac, établissement du réseau Môm’artre, qui organise des ateliers culturels et artistiques pour les enfants de 4 à 11 ans. Cette année, fortes de nombreux échanges à l’occasion des collectes passées, Mélisande, Ana et Emma se sont lancées dans un programme autour de la solidarité.

C’est ainsi que nous autres lucioles avons eu le privilège d’échanger avec les enfants, au sujet de nos activités, dans le cadre d’un atelier le lundi 15 novembre 2021, en soirée. Caroline et Cendryne ont présenté, en illustrations et en jeux, l’association ainsi que des éléments propres à la lutte contre le sans-abrisme.

Nous leur avons raconté ce qu’on y faisait, à la Balade des Lucioles, ce qu’était un·e sans-abri, etc. Cette introduction s’est rapidement transformée en véritable échange, grâce à l’intarissable curiosité des enfants, qui nous ont donc bombardé de questions jusqu’à ce qu’il soit l’heure pour tout le monde de rentrer à la maison.

Ils étaient tous très enthousiastes et nous ont parlé de leurs rencontres avec des personnes sans abri, de leurs peurs et de leurs interrogations. Certains ont aussi demandé comment venir en aide à ces personnes. Ils nous ont raconté ce que les grandes personnes de leur entourage disaient des sans-abris et des mendiants. On y retrouvait toute la confusion que génère la diversité des situations de rue.

Le temps s’est fait précieux, et nous n’avons pu partager qu’une petite partie de notre expérience et de notre regard bienveillant sur ce public souvent repoussé. Les enfants, les yeux toujours écarquillés devant les photos de maraudes que nous leur présentions, continuaient à vouloir en savoir plus, et commençaient déjà à s’imaginer en luciole, à nos côtés.

Ce fut un moment convivial et enrichissant que nous avons partagé ensemble.

Merci à toute l’équipe de Môm’Tolbiac, tout particulièrement à Emma, Ana et Mélisande, pour leur accueil chaleureux. Vivement la prochaine !

 

 

 

Pour la deuxième année consécutive, l’opération « Boîtes de Noël » a eu lieu dans toute la France.

  

La Balade des Lucioles y a bien entendu de nouveau participé.

Lancée pendant le deuxième confinement, son principe est simple: des particuliers confectionnent des boîtes cadeaux à destination des sans abris, ces boîtes sont ensuite récupérées par des associations qui les distribuent.

L’opération elle-même n’est pas gérée par une organisation centralisée, mais bien par les citoyens eux-mêmes. Son succès est dû aux donateurs et à l’ensemble des bénévoles des associations qui redistribuent les boîtes.

Cette année, elle a rassemblé des milliers de donateurs et de bénévoles dans toute la France.

En ce qui concerne la Balades des Lucioles,  nos bénévoles des trois secteurs (IXe, XIIIe et XVe) ont participé à l’opération. L’initiative a eu également lieu grâce à notre collaboration avec l’association homeless plus.

Ainsi, grâce à leur implication et à un gros effort logistique, 600 boîtes ont été  récupérées et distribuées par les bénévoles de la Balade des Lucioles.

De nombreux magasins partenaires avaient acceptés de servir de relai pour que chacun y dépose leurs petites boîtes préparées avec attention et amour. Il était même possible de déposer les boîtes auprès des lucioles directement  au stand d’emballages de cadeaux de Noël mis en place pendant tout le mois de décembre au centre commercial Paddock à Romainville.

Le contenu des boîtes varie mais il contient souvent un petit mot écrit par le généreux donateur, une sucrerie, un plat, un vêtement chaud ou un produit d’hygiène. La distribution de boîtes a été très appréciée dans l’ensemble  par les bénéficiaires.

 

Merci à tous les donateurs et merci à nos bénévoles pour leur implication sans faille dans cette opération !

 

Paris, 18 Mars 2020, les rues sont vides, le temps paraît arrêté et sous un ciel aussi gris que les toits de Paris, on n’entendait plus le tumulte habituel de la capitale ni même le bourdonnement des terrasses. On ne voyait plus les gens danser à Châtelet ou chanter devant l’opéra, non, la France s’était figée. La veille, Emmanuel Macron annonça aux concitoyens que le pays se confinait et que tout le monde devrait rester chez moi pour empêcher la propagation de l’épidémie Covid-19. 

Pourtant, sur les quais de Seine, en s’approchant du Pont-Neuf, quelqu’un était dehors. Quelqu’un qui, à son réveil, ne pouvait remarquer que le silence et l’accalmie de la ville : Paris s’était tu. Cette personne, contrairement à son habitude, ne verra aucune maraudes passer pour la nourrir et lui offrir un sourire ce jour-là. Elle ne pourra pas non plus aller à la bibliothèque Pompidou, une de ses occupations habituelles. Cette personne vivra le quotidien de près de 300,000 sans-abris pendant la crise sanitaire et sociale. A commencer par un détachement de la société qui s’approfondit encore par la disparition du lien social qu’entretiennent les associations. Pour ces personnes, la visite quotidienne des maraudes est l’occasion de parler et d’avoir une interaction sociale précieuse à leurs yeux. A la place, seuls les contrôles de police viendront animer leurs journées et ainsi, ces personnes vont perdre leurs repères à l’aube d’une période d’isolement et de solitude. Les maraudes sont pour certains l’unique source de produits alimentaires et la rue l’unique chez-soi où se confiner. Par conséquent, la faim pouvait les accompagner parfois plusieurs jours avant de pouvoir la satisfaire. Au-delà de ça, ils n’étaient que très peu protégés pour faire face à l’épidémie en plus d’être peu informé. En effet, selon une étude réalisée par médecins sans frontières, les centres d’hébergements, foyers ou gymnases ne permettaient pas de protéger les habitants une fois que le virus y fait son apparition. Alors, si vous voyez cette personne, sous un pont à Paris ou ailleurs, ne tournez pas le regard et voyez ce qu’elle a traversé. Vos sourires lui ont tant manqué…

 

 

  • Le bilan

 

Selon un rapport de la fondation de l’Abbé-Pierre de 2021, le nombre de personnes sans domicile aurait doublé depuis 2012 et triplé depuis 2001. Ces chiffres mettent en évidence non seulement l’accroissement constant du nombre de personnes à la rue mais encore, le manque d’action politique face au problème. Dans ce même rapport, on observe que depuis 2017, les aides publiques au logement n’ont jamais été aussi basses alors même que la secousse créée par le Covid-19 risque de faire basculer les Français les plus précaires : plus d’un million de personnes étaient en situation d’impayés de loyers. 

D’après Julien Damon dans « La question SDF », les sans-abris seraient pour les trois quarts des sans-papiers, le plus souvent arrivés en France suite aux grands mouvements migratoires de notre siècle. D’une part, les flux de migration sont conséquents et risquent même de s’intensifier face au dérèglement climatique, aux conflits dans le monde, à la famine et la misère. D’autre part, il s’agit de personnes qui ne partagent pas la culture, la langue ou les valeurs françaises et pour qui il est difficile de communiquer ou trouver un emploi. 

Article écrit par Paul Gheereart

Raphaël est un membre actif et leader du secteur de nos maraude. Il s’est même impliqué recemment dans l’organisation de l’association puisqu’il fait maintenant parti de l’équipe de recrutement.

Interview: 

Parle-nous un peu de toi et de comment tu as connu l’association ?

Je m’appelle Raphaël et j’ai 30 ans. J’ai connu l’association « La balade des Lucioles » par le site onvasortir.com en août 2020. J’ai commencé à marauder sur les parcours du XIIIe arrondissement, près de la place d’Italie. Quand les parcours du XVe arrondissement ont ouvert en novembre dernier, je les ai rejoints rapidement, c’était beaucoup plus pratique pour moi. 

 

Tu as donc connu les débuts de la maraude du XVe, comment les choses ont évolué sur ce parcours depuis presque un an ? 

Au début c’était évidemment assez expérimental, les parcours n’étaient pas encore bien fixés. On a petit à petit eu une idée plus précise d’où se trouvaient les potentiels bénéficiaires, même si évidemment rien n’est définitivement fixé. On a eu une bonne nouvelle récemment puisque la Maison Maurice Maignen, de l’ordre de Saint-Vincent de Paul, nous prête un local. Il nous sera très utile pour le stockage des vêtements et de tout ce qui n’est pas périssable.

 

Et au niveau des effectifs, la maraude du XVe a su séduire des bénévoles ?

De ce point de vue-là les confinements de l’année dernière nous ont paradoxalement un peu aidés. Beaucoup de personnes trouvaient dans les actions caritatives une manière de s’engager avec générosité mais également un moyen de s’aérer un peu l’esprit malgré l’enfermement. Mais on recherche toujours du monde évidemment, tous les volontaires sont les bienvenus. 

 

En parlant d’engagement justement, les maraudes sont prenantes en termes de temps et d’obligations ?
Non, on suit le même principe que les parcours « historiques » de l’association : la responsable du XVe arrondissement, Caroline, envoie simplement un message chaque semaine aux bénévoles et ceux qui le souhaitent s’inscrivent le jour qui les intéressent. Il n’est pas nécessaire de s’engager sur le long terme même si bien sûr on a par ailleurs besoin des bonnes volontés pour effectuer des tâches plus longues dans d’autres aspects du travail associatif, comme l’administratif ou la recherche de subventions. J’ai commencé d’ailleurs il y a quelques semaines à travailler dans le service recrutement de l’association. C’est un autre travail que le terrain mais c’est intéressant aussi. 

 

L’association grandie et nous sommes ravis de vous présenter les membres les plus actifs  à travers cet organigramme.